2007.30.0161

De Éditions Paul-Martial
Informations Générales

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Photographe : Inconnu
Support : Papier baryté au gélatino argentique
Dimensions : 23x17 cm
Entreprise : Cie Centrale des Emeris et Tous Abrasifs
Date : 1939
Lieu : 133 Boulevard Sérurier, Paris 19e, France
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Intérieur d'usine, ouvrier au travail

La « Compagnie Centrale des Émeris et tous Abrasifs » était plus connue à Paris sous le nom « les émeris ». Elle fut la plus importante et la plus ancienne société intégralement française spécialisée dans la production des produits abrasifs sous toutes leurs formes. Son démarrage en 1814 marque d’ailleurs l’introduction même en France de cette industrie. En 1898, elle centralise ses principales fabrications à Paris en édifiant une imposante usine dont la conception particulièrement hardie pour l’époque marque une date dans la construction en béton armé. L’esprit d’innovation de cet établissement se manifeste pour la première fois dans le domaine de la construction.


En 1814 a lieu la première exploitation industrielle de produits abrasifs par Monsieur François Fremy qui dépose la marque à son nom. Les bureaux et ateliers de l’entreprise sont installés au 23 de la rue Beautreillis, dans le 4ème arrondissement de Paris. Les produits fabriqués sont tout d’abord les papiers de verre, et émerisés et ensuite, les toiles à polir, les abrasifs en grains, les poudres et potées à polir et enfin les meules artificielles, appelées « meules d’émeri ».

Louise Fremy, fille de François Fremy, hérite de l’affaire. Elle épouse Louis Dumas, mais demeure patron de la société. Elle fait l’acquisition d’un terrain important dans le village d’Ivry, sur lequel elle fait bâtir de nouveaux ateliers et un pavillon d’habitation avec jardin pour sa famille et une écurie pour six chevaux de travail. Son fils qui devait lui succéder meurt vers 1877. Louise Fremy fait le choix de se retirer des affaires. Elle est alors en relation avec un certain Charles Lemerle qui fait l’acquisition de la société dans le but d’y établir son fils Louis, officier d’artillerie. Louise Dumas lui enseigna le métier durant deux ans avant de se retirer. Diplômé de l’école Polytechnique en 1872, Louis Lemerle, fit passer l’entreprise de l’ère artisanale à l’ère industrielle.

En 1895 débute une période d’expansion pour l’entreprise qui fait l’acquisition des Sociétés « Navarre » (fondée en1835), « Château » (fondée en 1840) et de la « Société des émeris de l’ouest » (fondée en 1875). Cette dernière avait mis au point un procédé d’agglomération à base de gomme laque permettant la fabrication de meules à grand débit pour réduire massivement les coûts d’usinage. La fusion des quatre entreprises donne naissance à la « Compagnie Centrale des Émeris et Produits à Polir » qui est alors administrée par les propres chefs des maisons associées et présidée par Louis Lemerle jusqu’à sa mort en 1924.

En 1898, la « Compagnie Centrale des Émeris et Produits à Polir » centralise ses principales fabrications à Paris au 135, Boulevard Sérurier, dans une usine qui fait date dans l’histoire de la construction en béton armé. Un autre établissement se joint au groupe en 1899. Il est exploité par Charles Haumont qui devient directeur général, puis président de la « Compagnie Centrale des Émeris et Produits à Polir » à la mort de Louis Lemerle. En 1930, l’entreprise absorbe la société « Le galet de mer français » qui exploite un large gisement de silex au Hourdel, sur l’embouchure de la baie de Somme. Ces silex, broyés et calibrés servaient à la fabrication des papiers de verre, et au sablage des coques de navires. La société absorbe ensuite la compagnie de C. haumont, spécialisée dans les colles et gélatines, à La Courneuve, ainsi que la société « Fortin-Saunier », spécialisée dans les meules de grès naturel. Charles Haumonnt se retire en 1939 et passe le flambeau de la présidence à Jacques Lemerle qui dirige alors la division des « abrasifs appliqués » tandis que son frère Paul s’occupe de la division des « meules et produits agglomérés ».

Durant la guerre, l’outil de production est transféré précipitamment à Redon, puis retourne à Paris. L’entreprise ne retrouve pas son lustre d’antan après la guerre. L’usine du Hourdel qui a été détruite par la Royal Air Force est reconstruite. Concurrencée par les Américains, les Allemands et les Suisses qui développent une technologie de plus en plus pointue, la division des meules rencontre un déficit permanent. Le marché jusque-là rentable des toiles et papiers domestiques disparaît progressivement. Un incendie a lieu en septembre 1948 qui détruit les grandes chaînes de production des abrasifs appliqués.

Jacques Lemerle qui vieillit reprend alors contact avec Mr. McKnight, PDG fondateur de la « Minnesota Mining & Manufacturing Co » qu’il avait connu avant guerre alors que les deux compagnies étaient encore à taille équivalente. Ont alors lieu deux années d’intenses pourparlers. La mise au point d’un hypothétique ruban adhésif par la société française pèse alors dans la balance des négociations. La « CETA » devient « ABRASIFS 3M CETA », puis « 3M ».