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De Éditions Paul-Martial
Informations Générales

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Photographe : Monsieur Gaudillère
Support : Papier baryté au gélatino argentique
Dimensions : 24x18 cm
Entreprise : Constructions Métalliques Fillod

Contributeur(s) :

Joseph HEIDMANN, trésorier-adjoint de FLORANGE - PATRIMOINE et CULTURE
Date : Août 1931
Lieu : Florange, Moselle, France


Atelier de fabrication de l'usine de Florange, ouvriers au travail

Ferdinand Fillod, ingénieur des Arts et Métiers, crée la société des « Constructions Métalliques Fillod » le 1er octobre 1928.

Il imagina la construction de bâtiments métalliques à usage d’habitation (cité Fillod à Florange ainsi que FAMECK). Le succès du bâtiment « dit paroi inclinée » a fait la renommée de la société. En effet, ces bâtiments faciles à monter pouvaient être installés sur toutes surfaces sans limitation de longueur. Quasiment tous les militaires pendant la guerre d’Algérie y ont séjourné.

C.M. Fillod est présent sur les cinq continents. Par exemple, en terre Adélie (Pôle Sud Expédition Paul Emile Victor), tous les locaux étaient des bâtiments Fillod.

En 1963, les fabrications se diversifient : gymnases, collèges, CET, hôtel (800 chambres au Caire en Egypte), abris de chantier, garages…

En 1981, l’entreprise change de direction et d’orientation. Elle rachète quatre société : « Barbot », « Sitraco », « Boutard », et « SNCI ». Cette nouvelle orientation s’avère catastrophique. C’est le 28 février 1968 que Fillod cesse son activité. Les 502 salariés de l’entreprise furent tous reclassés dans le tissu industriel lorrain. Suivant les directives, toute l’usine devait être détruite.

C’est avec une grande difficulté que les installations ont pu être vendues afin qu’une activité soit conservée sur le site de Florange. Une dizaine d’entreprises s’y sont installées depuis.

Si l’usine aurait pu être viable avec une meilleure gestion, le sort en a décidé autrement. Le déception de l’ensemble du personnel était telle qu’aujourd’hui encore est fêtée la Saint-Eloi, patron des sidérurgistes, pour garder le souvenir de cette époque.



Ferdinand Fillod

Ferdinand Fillod est né en 1891 à Saint-Amour, dans le Jura. Après avoir reçu une formation de chaudronnier et de soudeur, il ouvre un petit atelier qui deviendra rapidement « Usine du Grand Saint-Michel, Manufacture de Tôlerie Fillod à Saint-Amour », spécialisée dans la fabrication de matériel de ferme en tôle galvanisée.

Afin de diversifier et de développer son activité, Ferdinand Fillod met au point, dès 1928, un système de préfabrication de bâtiments métalliques qu’il fait breveter dans le monde entier et avec lequel seront réalisés de nombreux bâtiments en France, mais aussi dans les colonies et pays étrangers.

Ainsi, des maisons, des hôpitaux, des écoles, des casernements de la ligne Maginot, des cités ouvrières, des immeubles, et plus tard, de nombreux bâtiments publics seront réalisés entièrement en acier.

Pour faciliter son approvisionnement en tôle d’acier, Ferdinand Fillod s’installe dès 1929 en Moselle, dans la vallée de la Fensch. Associé aux Maîtres de Forges de Wendel, il fonde alors la société de Constructions Métalliques Fillod (C.M.F.) dont le siège social était à Hayange, et l’usine à Florange. L’usine de Florange qui employa jusqu’à neuf cent salariés, perdura jusqu’en 1968, trente ans après le décès de son fondateur. Les responsables d’alors poursuivirent les études et la fabrication de bâtiments. De nombreux équipements sportifs, collèges, bâtiments modulaires et abris de chantier furent encore produits.



L’entreprise des Constructions Métalliques Fillod (CMF)

La Société de constructions métallique fut créée le 1er octobre 1929 par l’ingénieur Ferdinand Fillod. L’entreprise, dont le but était de construire des habitations individuelles en tôle d’acier, s’installa rue d’Alsace à Florange, à proximité des ateliers Decauville.

Les premiers exemplaires construits étaient des maisons cubiques sans étage que l’on disposait sur des socles de béton, (telles que celles que l’on peut voir encore coté Fillod). Les ateliers, qui occupaient une trentaine de personnes à l’origine, virent leur effectif passer de 40 puis bientôt à 80 personnes.

Très vite Fillod eut le souci de diversifier ses fabrications. C’est pourquoi à partir de 1935, on vit apparaître des bâtiments à parois inclinées, modulables grâce à des panneaux standards, qui s’adaptaient aux usages les plus divers. À cette époque une construction originale vit le jour : Fillod conçut et réalisa une église à parois en tôle d’acier à Crusnes, en Meurthe-et-Moselle, qui fut restaurée en 1990.


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Eglise de Crusnes (Meurthe-et-Moselle), édifiée par les Constructions Métalliques Fillod



Avec la défaite de 1940, l’entreprise réquisitionnée par les Allemands fut transformée en usine d’armement. La paix revenue, l’usine Fillod dut être remise en état de marche par l’achat de nouveaux matériels. Avec un rapport de capital, de Wendel entra dans l’entreprise. Celle-ci put reprendre son activité en octobre 1946. Les modèles de bâtiments fabriqués avant 1940 furent reconduits, dont celui à parois inclinées. La demande importante d’après-guerre donna un élan considérable à la société. L’effectif, de 60 personnes du redémarrage, devait atteindre 500 en 1957.

Lors de l’arrêt des ateliers Decauville en 1952, Fillod reprit les locaux restés vacants. La société Marine-Wendel d’Homécourt vint bientôt renforcer le capital de l’entreprise. La production s’intensifia pour faire face aux besoins nouveaux en direction des cinq continents : ces constructions se retrouvaient aussi bien dans les déserts surchauffés du Moyen-Orient, dans les étendues glacées de terre Adélie que dans nos cités (cantines, classes mobiles, chapelles de la Vallée, Oury, Saint-Nicolas-en-Forêt, Guénange aujourd’hui disparues). Ces bâtiments étaient en effet installés avec leur isolation de laine de verre, sanitaire, chauffage ou climatiseurs. De même, de nombreux bâtiments de ce type furent livrés à l’armée pendant les opérations d’Algérie.

Toujours par soucis de diversifier, une nouvelle fabrication fut commercialisée en 1959 : il s’agissait cette fois de locaux à parois droites de type « Alfi ». De forme cubique et sans étage, ils convenaient pour les usages courants : habitations, garages, etc. Certains furent même utilisés pour des mairies, bureaux de postes, voire des hôpitaux. Avec l’allongement de la scolarité, un marché nouveau s’ouvrait ; c’est pourquoi Fillod mit au point et commercialisa des édifices à plusieurs étages. Ce type de construction se fit en collaboration avec la société Weimerskirch qui assurait la finition intérieure.

Le développement de l’entreprise nécessita un personnel de pus en plus nombreux puisqu’il atteignit avec les équipes de montage, près de 1100 employés. Quant à l’usine de Florange, elle comptait 600 personnes. Des difficultés apparurent en 1973. Les polémiques à la suite de l’incendie du C.E.S. Edouard Pailleron, dans la région parisienne, contribuèrent pour une part à cette crise. L’effectif dut être ramené à 312 personnes.

Un nouveau départ est pris en 1975 avec la construction d’hôtels « haut de gamme » en Egypte, Hongrie, URSS et USA. L’un d’eux compte jusqu’à 18 étages. Parallèlement les ventes de baraques de chantier prennent un grand essor. Les effectifs vont alors augmenter en conséquence. Pour accroître son savoir-faire, Fillod va absorber de petites entreprises. Cette nouvelle structure augmente largement sa dimension avec 2400 salariés.

Les ateliers de la rue d’Alsace, devenus trop exigus, seront complétés par une unité ultramoderne en 1983, dans la zone industrielle Sainte-Agathe, non loin de l’autoroute A 30. Ce bâtiment, équipé du chauffage solaire à isolation poussée, se voulait être la vitrine d’une entreprise à la pointe de la technique. L’essor trop rapide a cependant été mal maîtrisé ; un personnel insuffisamment qualifié est trop rapidement embauché. Dans ce contexte, des difficultés financières apparaissent à nouveau.

L’actionnaire principal, en l’occurrence « Sacilor », ne fera pas l’effort nécessaire pour relever l’entreprise. Des mouvements sociaux importants éclatent. La société est en cessation de paiement, malgré un carnet de commandes suffisamment garni. La C.M. Fillod ne peut que décliner rapidement ; 1985 sera l’année fatale. L’arrêt définitif est prononcé le 28 février 1986. Les difficultés majeures seront de reclasser le personnel. Il faudra près de 2 années pour y parvenir.

Cette entreprise aura fonctionné pendant plus de 55 ans et aura contribué à faire connaître Florange dans le monde entier.

Source : Extrait du livre Florange 2000 ans d’histoire de F. Villalon et P. Rambicur, p. 229-230


Les constructions Fillod à Florange

- La Cité de la Vallée : dortoirs collectifs pour les travailleurs de la sidérurgie (année 1925)

- La cité Fillod : maisons individuelles (année 1930)

- Les cantines KAMBEITZ et BARTHOUX ; restaurants pour les ouvriers de la SGE et de SOLLAC

- La chapelle d’Oury

- Le collège Louis Pasteur (ancien)

- La salle des sports, rue du Gymnase

- Le COSEC, avenue du Collège, dernier bâtiment édifié avant la fermeture de l’usine




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Florange, les usines Fillod et la rue d'Alsace



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Florange, la cité Fillod pour le logement de ses employés




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Florange, la chapelle en Construction Métallique Fillod




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Florange, le collège Louis Pasteur édifié par les Constructions Métalliques Fillod



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Florange, le stade municipal. À gauche se trouve la salle des sports en Constructions Métalliques Fillod



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Florange, cantine ouvrière édifiée par les les employés de la SGE (Société Générale d'Entreprise) chargée de la construction des usines SOLLAC. La bâtiment est bâti par les Constructions métalliques Fillod dans les années 1950/51.




Le panneau acier

C’est en 1928 que Ferdinand Fillod met au point un système constructif complet, grâce à son invention du « panneau acier » qui servira à la réalisation de nombreux bâtiments.

Le « panneau acier » se compose de deux plaques de tôle de trois millimètres d’épaisseur, en acier doux Martin au cuivre semi-inoxydable, d’environ cinquante centimètres de lare et de la hauteur d’un étage de construction. L’écartement d’une quarantaine de centimètres entre ces deux tôles est assuré par des entretoises métalliques. Une fois rempli de matières isolantes, du type laitier, sciure ou sable, ce panneau devient un véritable mur porteur, à doubles parois.

Étudié pour être très facilement assemblés entre eux, les panneaux s’emboitent les uns à la suite des autres grâce à des tubes fendus formant des pinces.

Ce système constructif, dont les éléments étaient tous préfabriqués dans les usines Fillod de Florange, fut breveté dès 1929. Il servit, entre autre, à la construction des maisons « tout acier » Fillod.

Ainsi naissait un des premiers « sandwichs ».



La maison « tout acier »

Durant les années 1920, la France installée dans une période de marasme économique, connaît une importante crise du logement. En 1928, la loi Loucheur encourage l’accession à la propriété et la construction de collectifs à coûts réduits.

C’est dans ce contexte que Ferdinand Fillod propose son concept de maisons métalliques. L’acier, alors abondant en Moselle, permet de pré-fabriquer tous les éléments constructifs en usine, à moindre coût. Une fois livrés sur le chantier, l’assemblage de ces éléments doit pouvoir être rapidement et facilement réalisé par l’acquéreur lui-même qui n’a besoin que d’un marteau et d’une échelle. Ni boulons, ni rivets, ni soudures ne sont nécessaires. Le coût des matériaux et de la main d’œuvre est ainsi réduit de moitié par rapport à al construction traditionnelle en pierre. De plus, la standardisation des éléments de fabrication permet l’élaboration de plans type de maisons vendues sur catalogues.


Le système constructif des maisons en acier est simple : tous les éléments (murs, plafonds, fenêtres, portes, etc.) sont livrés sur le chantier, prêts à être montés. Les murs extérieurs, de même que les cloisonnements internes, sont en « panneaux acier » à assembler selon le plan de la maison choisie. Les plafonds sont en tôles planes dont la rigidité propre permet de franchir l’espace d’un mur à l’autre. La toiture est le plus souvent à deux pans inversés : de grandes plaques de tôles inclinées assurent l’étanchéité et reposent sur un chéneau central.



Les avantages de la Maison Acier

Les maisons « tout acier » possédaient plusieurs types d’avantages :

- un coût de production réduit, car tous les éléments étaient préfabriqués en usine

- un coût de main d’œuvre très limité, car les éléments étaient facilement assemblés par emboîtement les uns dans les autres et ne nécessitaient pas re recours à des ouvriers spécialisés

- une grande rapidité de montage (une maison de quatre pièces pouvait être montée en dix jours après la réalisation de ses fondations

- une isolation thermique et une isolation phonique performantes grâce aux matériaux disposés entre les plaques de tôles

- une légèreté de construction permettant un transport facile des éléments, et des fondations réduites

- une bonne résistance à l’humidité grâce à l’emploi d’acier inoxydable (selon les normes de l’époque), mais aussi une bonne tenue au feu, à la foudre et aux séismes

Ces qualités ont permis aux maison « tout acier » de Ferdinand Fillod d’être réalisées en France mais aussi de s’exporter facilement à l’étranger et de bien résister aux climats tropicaux



Les « parois inclinées »

Après les « panneaux acier », un second type de construction métallique fut proposé par les usines Fillod : les « parois inclinées ».

Les bâtiments à parois inclinées se composent de travées verticales métalliques accolées les unes aux autres. Chaque travée possède deux portiques cintrés en acier profilé à chaud puis à froid, espacés entre eux pas des entretoises. Entre les portiques vient s’emboîter un panneau de bardage en tôle d’acier doux, nervuré par emboutissage. Ce panneau peut être, selon les besoins, équipé ou non d’un vitrage ouvrant à l’italienne ou remplacé par un panneau porte. Des tôles faîtières viendront se fixer dessus à l’aide de crapauds et formeront la toiture du bâtiment. L’ensemble devient ainsi une carcasse métallique continue et pratiquement monobloc, dont la longueur dépend du nombre de portiques additionnés. À chaque extrémité du bâtiment, les pignons sont emboîtés dans les portiques et peuvent recevoir des portes ou des fenêtres.


À l’intérieur du bâtiment, des panneaux isolants de dimensions identiques à chaque travée, peuvent être posés contre les façades. Les cloisons, elles aussi préfabriquées, sont disposées au gré de l’utilisateur.


Produit en très grand nombre, 3 millions de mètres carrés, ce bâtiment était entièrement fabriqué dans les usines Fillod de Florange selon les besoins précis de chaque utilisateur, et était livré sur le chantier en pièces détachées à assembler facilement grâce à une notice de montage détaillée.



L’adaptabilité des bâtiments à parois inclinées

Le bâtiment à parois inclinées, réalisé en diverses largeurs, possède de grandes possibilités d’adaptabilité. Tous les éléments le composant étant standardisés, ils peuvent être permutés en vue de modifier son habitabilité. De plus, les pièces qui le composent peuvent être montées et démontées plusieurs fois sans aucune détérioration, par simple emboîtement. Le nombre de travées peut être réduit ou augmenté à souhait, de même que différents bâtiments peuvent être reliés entre eux au moyen de couloir préfabriqué. Des adaptations mineures de la structure étaient proposées selon les climats : en régions tropicales, par exemple, la toiture est recouverte par des plaques formant parasol. Ces diverses qualités ont permis à ce bâtiment d’être construit en grand nombre tout en répondant à des modes d’occupation très divers : logements, baraquements de l’armée, dortoirs, bureaux, réfectoires, dispensaires, chapelles, écoles, salles de gymnastique, etc.

Aménagées en vaste salle unique, de nombreuses chapelles ont été réalisées à partir de structures à parois inclinées. La légère inclinaison des pans de murs assure le contreventement du bâtiment et permet de dégager au maximum l’espace intérieur.

De même, cette structure a largement été utilisée pour les abris de la ligne Maginot. La forme générale arrondie du bâtiment, sans arrête saillante, diminuant les ombres portées et procurait une protection sensible contre les vues aériennes.

Largement destiné à l’exportation grâce à la légèreté des éléments qui le composaient et à sa facilité de transport, ce bâtiment fut aussi bien utilisé dans les régions polaires que sous des climats tropicaux.


Les constructions modulaires

Parallèlement aux différents procédés constructifs qu’ils ont proposés comme les « panneaux acier », les « parois inclinées » ou encore les « parois verticales », Ferdinand Fillod ainsi que ses successeurs ont produit plusieurs types de constructions modulaires et de cellules monoblocs. Destinées selon les cas à l’installation d’équipement d’urgence, à l’aménagement d’usine, aux baraques de chantier mais aussi aux logements individuels, aux bureaux, aux commerces, des cellules pouvaient être jumelées entre elles, raccordées en pignon ou superposées. Depuis « Mobiloge » et avec des modèles aussi variés que « Fillobloc », « Espace » ou encore « Logoplan », ces modules, de différentes tailles, formaient des bâtiments pouvant être réservés à une exploitation longue ou, au contraire, à une utilisation rapide et temporaire. Destinés à être transportés d’un lieu à l’autre, leurs dimensions respectaient les gabarits rail, route et mer, de même que certains modèles étaient montés sur skis.

La structure de ces cellules était constituée de panneaux « sandwichs » porteurs ou d’une ossature métallique, leur plancher et leur toiture étaient composés d’éléments monoblocs.



Source : L’industrialisation selon Ferdinand Fillod, Florange, Arcelor / Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement de Moselle, presses du Tilleul, www.archimetal.com



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Saint-Nicolas en Forêt (Moselle), chapelle en Construction Métallique Fillod